Just A Flic

16 mars 2009

Le photocopillage tue le livre

Et les commentaires font vivre le blog.
Alors si le coeur vous en dit, si vous avez envie de me faire plaisir, si vous avez envie de vous faire plaisir, allez jeter un coup d'oeil chez Fifi Mandirac (c'est ma copine. Me la pète un peu là mais c'est pas grave :-D ).

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12 mars 2009

Les poteaux qui volent

Mon paillu, le retour...

Appel radio. La collègue nous explique, texto:
- "Vous allez vous rendre avenue Machin pour un accident. Le conducteur ne semble pas jouir de toutes ses facultés mentales ou bien il est sous l'empire d'un état alcoolique, voire même de stupéfiants, parce que je n'ai pas tout compris à ce qu'il m'a raconté... Il m'a parlé de poteaux électriques qui traversent la route... Donc voilà, bon courage."

Nous non plus nous n'avons pas tout compris d'ailleurs. On devait se rendre là bas pour décanter le truc et faire un compte rendu afin d'illuminer la journée de l'opératrice radio dont la curiosité était tenu en haleine, grave, et tenter de découvrir à quoi se shooter le fameux auteur de l'appel téléphonique qui voit des poteaux qui volent, histoire de vérifier si c'est légal ou pas.
Nous nous rendons donc sur place, non sans prendre les paris: Quiquidit qu'il est bourré? Quiquidit qu'il est dans un état normal? Quiquidit que les poteaux ils volent?

Arrivés sur place, je vois mon Paillu, énervé à mort, les bras levés au ciel, puis les mains sur la tête, puis les bras au ciel, puis les mains sur la tête, faisant le tour de son camion chargé à mort, mais A MORT, de bottes de paille (c't un paillu mon paillu, pis il en vend d'la bonne).
Le camion est immobilisé au milieu de la route, un poteau de téléphone planté dans le pare-brise, limite je cherche le géant qui joue au lancer de javelot.
Et là, il me voit, il se dirige direct sur moi et m'explique avec toute l'énervement et la colère que ses parents ils ont mis à l'intérieur de lui, "que le poteau, bah il a t'l'ave'l'sé la l'oute' cômme çâ sans c'l'ier ga'l'e hein! Putain! Un câmion tout neuf!"...
Et là, tu te dis: heureusement que mes parents à moi ils m'ont donné un cerveau qui va me servir à faire des constatations parce que si je balance sur les ondes que "le poteau, bah il a traversé la route sans crier gare hein! Putain! Un camion tout neuf...", on risque quand même de se foutre de ma gueule...

Et l'explication est toute simple. Pour faire voler un poteau de téléphone et lui faire traverser la route, il faut:
- Un camion
- Une remorque
- Un chargement de paille qui atteint au centimètre près la hauteur autorisée
- Un poteau téléphonique (non non non, je ne déconne pas)
- Un fil de téléphone un peu lâche qui passe au dessus de la route
Ce qui nous donne ceci:
- Le camion est passé sous le fil téléphonique mais ce dernier étant un peu rabaissé, s'est retrouvé bloqué par le chargement de paille à son passage. Le fil n'a pas cédé, et devant la force exercée par le camion en déplacement, le poteau a été littéralement arraché du sol. Le fil restant solidement accroché au chargement, le poteau a exercé une rotation autour de la cabine du camion (raison pour laquelle le paillu a vu un poteau traverser la route...) et a finit sa course en se projetant violemment sur la cabine (d'où le planté d'batons...)

Compte rendu radio made in Martine:
- "Je vous confirme: les poteaux, ça volent et ça traversent la route."

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06 mars 2009

L'habit ne fait pas le moine

Comme vous le savez, vu que je ne cesse de le répéter, on ne peut pas dire que Martine a une carrure de lutteur...
Je fais pile poil la taille réglementaire: Lors de mon concours d'entrée, le médecin a déclaré haut et fort que je ne mesurais qu'une mètre cinquante neuf et demi. J'avais alors répondu qu'à 18 ans, je n'avais pas encore terminé ma croissance (Punaise... Où sont mes 18 ans!!!). Et c'était vrai puisque j'ai gagné le demi-centimètre qui me manquait!
Je pèse / pesais (bon OK c'était à l'époque mais laissez moi rêver bordel) 50 kilos toute mouillée...
Bref... Un gabarit qui te permet de voler Hachement haut dans la bagarre...

Jour de printemps = jour de brocante = jour qui pourrait être super génial si tu n'étais pas de corvée... Nous avons été appelés par un voisin mécontent qui ne s'entendait plus penser en raison d'une violente agression sonore (Mike Brant à fond les ballons, ça cartonne) provenant de chez son voisin du dessus, un dimanche si c'est pas une honte ça!
On y va, on gare la bagnole à perpète car le voisin à eu l'excellente idée de vivre dans un immeuble se trouvant à l'épicentre du jour de printemps = jour de brocante, et on s'y rend à pieds non sans serrer des mains, saluer des connaissances, promettre de revenir voir le stand de churros qui sent bon la pâte à beignet...

Toc toc toc chez le voisin qui fait péter les watts, et une petite mamie toute fragile vient nous ouvrir la porte en nous invitant à entrer. Une fois à l'intérieur, je découvre une putain d'armoire à glace pesant facilement le quintal voire même plus, dans l'encoignure de la porte, avec un visage patibulaire tu vois, mais presque, qui s'avérait être le fiston de la petite mamie.
On entame le dialogue tranquillement histoire de pas énerver le gros machin de deux mètres que je surveille quand même du coin de l'oeil car il a l'air un petit faiblard niveau intellect le grand gamin de 40 ans, et tout en discutant, je vois Mamie qui me fait signe de la suivre dans la cuisine.

Je rejoints donc cette pauvre vieille qui, sans me dire un seul mot, soulève la manche de son pull et me montre le haut de son bras et une partie de son épaule, d'un bleu cerise à faire pâlir un boxeur. Le grand fiston un peu débile prend sa maman pour un puching ball, il se défoule sur sa vieille mère ce gros connard. Et elle n'a fait qu'attraper au vol cette occasion qu'elle n'aura jamais peut être plus de voir deux flics débarquer chez elle un dimanche après midi.
Oui mais voilà, v'la les deux flics... Handicapé à mort par une nana poids-plume...

Je reviens dans le couloir, je regarde le fils qui mesure bien ces 190 centimètres pour un poids dépassant les 120 kilos, j'évalue la taille de son poignet en me demandant si je parviendrais à mettre les menottes... Mouais... Ça va pas être facile...
Je n'ai qu'une seule solution: j'y vais au culot. C'est ça où j'apprends à voler!
- "Mamie, je me vois dans l'obligation de régler ce problème de tapage diurne au commissariat, et je vais vous demander de me suivre. Monsieur, j'espère que vous aller accompagner votre mère afin de ne pas la laisser seule!"

Et bien ça a marché. Il a grommelé un truc à sa mère du genre "tu fais chier maman hein!" et a pris son manteau. Il a traversé toute la brocante en notre compagnie, est monté dans notre voiture à côté de sa Môman, s'est retrouvé placé en garde à vue sans avoir eu l'occasion d'apprendre à quiconque à voler, et a pris 4 mois ferme pour violences volontaires et habituelles sur ascendant.

Elle avait eu treize enfants, et a gardé près d'elle celui qui ne pouvait se débrouiller seul. Elle a subit violences, harcèlement, peur au quotidien durant de très nombreuses années de la part de ce fils, sans qu'aucun autre de ces enfants ne fasse le moindre geste pour lui venir en aide.
Mamie a demandé le retrait de sa plainte dès le lendemain mais le parquet a cependant engagé les poursuites. Je sais qu'à sa sortie de prison, il est revenu habiter chez elle, qu'elle lui a ouvert sa porte sans nous permettre de savoir ce qu'il se passe derrière.

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05 mars 2009

Depuis l'temps!

Après avoir oser commettre l'ignominie (sous-entendu oser agrandir sa famille au détriment de la boite qui malgré tout ce que l'on peut croire continue de tourner sans vous car, contrairement à ce que vous laisse penser votre égo sur-dimensionné, vous n'êtes pas indispensable), il a bien fallu que je retourne travailler. Fini la belle vie, les nuits sans sommeil, les cris, les pleurs, les cacas, les rots, les vomitos et autres joyeusetés qu'on oublie de vous dire avant de concevoir votre descendance...
Bonjour la police, c'est moi que r'voilà, accompagnée de toutes les joyeusetés ci dessus exprimées... T'ain ça va être chaud...

Premier jour de reprise:
"Martine, c'est cool! Tu rentres dans ta tenue!"
J'adoooooooooooreJ'adooooooooooore...
Apparemment, personne n'a remarqué les 5 kilos que je me trimballe en surplus, les abdos kros, la bouée de sauvetage, et mon teint bleuâtre du à l'absence d'oxygène en raison d'une impossibilité à respirer correctement sinon ma fermeture elle pète... Pas grave, vais trouver 2 ou 3 voleurs pour m'obliger à reprendre la course à pieds...

Deuxième jour:
"Martine, Monsieur Machin au téléphone pour toi. Tu lui a pris une mention en octobre 2007 et il a quelque chose à te demander."
Octobre 2007... Nous sommes en mars 2009... T'ain...

Troisième jour:
Bon, bah ça y'est... Martine est de retour!

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10 novembre 2008

Les femmes dans la Police

Sujet délicat n'est-ce pas? Les femmes dans la police... Les féministes diront que c'est quelque chose de merveilleux, que c'est un pas énorme vers l'égalité homme / femme dans un milieu professionnel encore il y a peu très fermé, que le travail est encore long car il faudrait pour parfaire le rêve atteindre les 50 % de jupes-culottes. Les machos diront qu'il ne faut pas de femmes dans ce métier, que c'est un boulot d'hommes, de vrais mecs avec des poils et tout et tout, que les gonzesses sont une vraie plaie en temps normal alors représentantes de l'ordre, c'est encore pire! Mais où va le monde!!!
Après tout, il y a du pour et du contre dans les deux versions. Moi je dis qu'il faut des femmes dans la police, mais pas trop.

Une nana dans la police, c'est vachement bien pour:
- mettre une touche de douceur et de féminité dans un monde de brutes.
- s'entretenir avec l'épouse sur un différend familial et faire semblant ou savoir écouter sans paraître blaser et sans montrer de signes d'impatience ou d'incompréhension.
- recevoir les femmes victimes et prendre les plaintes délicates telles que les agressions sexuelles
- palper par mesure de sécurité et interpeller des auteurs d'infractions de sexe féminin.
- faire un gâteau pour ses collègues, ou bien des crêpes, voire même faire la vaisselle.
- faire le café à la prise de service.

Une nana dans la police, c'est vachement nul pour:
- interpeller une armoire à glace qui pèse le quintal avec des poignets gros comme des poteaux électriques, macho de surcroît, et complètement défoncé à la coke (là, le pauvre collègue qui est avec toi, qui pèses 50 kilos tout mouillé et qui ressemble à une croquette, il te regarde et il pleure...)
- procéder aux fouilles des 42 auteurs d'infractions masculins interpellés dans la nuit parce que la collègue féminine ne touche pas aux trous du cul de l'autre sexe (et là, le pauvre collègue qui est avec toi, il te regarde et il pleure...)
- assurer un maintien de l'ordre avec formation groupée, port de casque, bâton de défense, jambières et bouclier, avec utilisation de grenades lacrymogènes et autres joyeusetés utilisés par la PN, parce qu'une nana qui mesure 1m60, qui pèse 50 kilos taille mannequin, qui ne ressemble à rien avec son p'tit chignon sous son p'tit casque, elle a du mal à en imposer un max devant le troupeau belliqueux qui se trouve en face.
- assurer une disponibilité au service sans faille parce qu'une nana dans la police, un jour ça trouve un mec, ça se fait engrosser et par conséquent ça ne va plus sur la voie publique, ça couve et par conséquent ça se met en congé maternité, ça pond et par conséquent ça prend un congé parental pour élever son gosse,
- pis quand ça revient au boulot, ça fait suer son monde avec ses mômes parce qu'elle ne doit pas faire de rabiot afin de rentrer à la maison à l'heure, parce que les moutards ont chopé un rhume les uns après les autres si bien qu'elle prend 32 jours de congés dit "garde d'enfant malade", parce qu'elle passe 15 ans au téléphone pour savoir comment ça se passe à la maison quand Môman n'est pas là,
- pis maintenant qu'elle a fondé une famille, elle veut des horaires de journée pour pouvoir élever sa volaillère.
- et je ne parle pas des jalousies inter-fémininesinter-féminines au sein d'une même équipe, du chagrin immense causé par la perte d'un ongle qui venait tout juste d'être manucuré etc...

NDLR: les nanas qui pèsent trois tonnes cinq, qui mesurent plus d'un mètre soixante quinze, championnes de close combat/boxe/ma main dans ta gueule, cheveux coupés à la brosse, qui disent des gros mots et qui mangent des steaks tartares avec du tabasco super hot,ne font pas partie du listing.

Bref... Y'a du pour, y'a du contre! Et cette liste n'est pas exhaustive puisque je viens juste de la faire à l'arrach', vite fait comme ça pour meubler un peu le contenu de ce blog laissé à l'abandon depuis bien trop longtemps!
Pourquoi?
Parce que Martine, elle a pondu...
Mais Martine va revenir.
Pourquoi?
Parce que Martine, elle va prendre un 'tit congé parental pour élever sa volaillère...

Vive les femmes!

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19 septembre 2008

Une page d'Histoire

Il y a quelques jours, alors que je promenais tranquillement en forêt avec ma petite famille, j'ai rencontré Françoise. Françoise est une femme âgée de 76 ans qui en parait 55 à peine, grande, les cheveux gris longs tressés, la démarche volontaire de ses femmes dynamiques qui refusent de devenir une grand mère, portant une jean et des baskets. Elle ne fait pas son âge et tient comme à la prunelle de ses yeux à son statut de Mademoiselle: Mademoiselle Françoise. Je me suis souvenue d'elle parce que cette femme m'avait émue en m'offrant un cadeau inestimable: une part de son Histoire.

Elle était entrée dans le commissariat pour déposer plainte suite au vol de son sac à main. Elle l'avait laissé dans sa voiture, juste le temps pour elle de conduire son chien Merlot chez le vétérinaire, et à son retour, a constaté que la vitre était brisée et ses effets envolés. Elle n'avait aucun papier sur elle: je lui avais donc demandé de revenir avec un extrait d'acte de naissance ou un livret de famille pour justifier d'un début de commencement d'identité, et lui avais donné mon prénom pour qu'à son arrivée à l'accueil, on puisse me prévenir et éviter de la faire attendre. Je ne fais jamais ça d'habitude, mais j'ai apprécié de suite cette femme drapée dans sa dignité qui pestait contre ce monde qui allait à sa perte.

Elle est revenue le lendemain avec une pochette contenant un maximum de documents, histoire de prouver qu'elle était bien Mademoiselle Françoise. J'ai pris entre mes main son extrait d'acte de Naissance. J'ai trouvé ce document magnifique: il était écrit à la plume, les lettres étaient rondes et bien formées, les mots parfaitement lisibles, comme ces vieux documents d'époque. Je n'ai pu m'empêcher de lire son contenu en entier.
"L'an mil neuf cent trente et un..., est née ce jour Françoise ..., fille de ... et de Jean-Baptiste né le ... de l'an mil huit cent quatre vingt dix, médaillé de la croix de guerre, chevalier de la légion d'honneur, professeur agrégé..."
Elle m'a demandé pourquoi je restais ainsi à contempler son extrait de naissance et je lui ai tout simplement répondu que j'étais admirative, et captivée par l'histoire de son père. Ses yeux se sont mis à briller, émue jusqu'aux larmes, et m'a raconté l'histoire de son papa qu'elle aimait encore tant.

Jean-Baptiste est né en 1890. En 1911, soit à l'âge de 21 ans, il a quitté sa famille pour aller faire son service militaire qui à l'époque durait 3 ans. Au bout de ces trois années d'obligations, il a été immédiatement mobilisé pour défendre sa patrie au cours de la Grande Guerre. Ces deux plus jeunes frères sont morts au combat, son troisième frère, gueule cassée, est revenu amputé d'une jambe jusqu'à hauteur de la hanche, Jean-Baptiste est rentré chez lui à l'issue de la Der des Der. Il est resté 4 ans sur le front, il en est ressortit vivant et presque indemne on ne sait par quel miracle.
Son frère a survécu quelques années mais est décédé des suites de ses blessures. Sa mère ne s'est jamais remise de la mort de ses trois fils. Elle a perdu l'esprit au fil des années, et un soir, alors que Françoise était encore enfant, sa Grand-Mère s'est enfuie dans la nuit en chemise. Nul ne l'a jamais revue, et malgré les recherches, son corps n'a jamais été retrouvé.
Jean-Baptiste, après la Guerre, s'est marié et a poursuivi des études pour devenir professeur agrégé, haute distinction à cette époque. Il eu 4 enfants: une fille aînée, un fils, une petite fille décédée à la naissance et Françoise née en 1931. Françoise était appelée "l'enfant de nos vieux jours": en effet, sa mère avait 31 ans quand elle est née, son père 41 ans; à croire qu'ils étaient déjà beaucoup trop vieux tous les deux pour avoir un dernier enfant.
Françoise a connu les bassinoires pour réchauffer le grand lit dans lequel elle dormait avec sa grande soeur, a connu l'installation de l'eau courante dans les foyers, a traversé la seconde guerre et a admiré son père toute sa vie.

Françoise ne s'est jamais mariée et n'a jamais eu d'enfant. Elle n'a eu que rarement l'occasion de parler de son père qu'elle aimait tant. J'ai vu en elle cette petite fille admirative et amoureuse de son papa, j'ai vu des étoiles briller dans ces yeux en évoquant avec fierté l'histoire de cet homme qui a compté plus que nul autre dans sa vie.
Une fois la plainte prise, elle m'a embrassée sur la joue en me remerciant de ne pas l'avoir traitée comme une vieille Mamie, et d'avoir fait revivre son père quelques instants.
- "Qui connaîtra l'histoire de mon papa après moi?" me demanda t'elle.
Je ne sais pas...

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12 septembre 2008

Le comble de la Martine

J'ai un fan Gendarme, alors vais raconter une petite histoire de gendarmes.
D'ailleurs, le Blog Bapstistelandais a t'il une existence? Si oui, veux bien y traîner mes guêtres.

J'étais jeune, belle, bien foutue. Vi, après un an d'école de police, t'as un corps de déesse super musclé, avec des bras de boucher et un dos de nageuse Est-allemande tellement t'as fait du sport, une taille de guêpe, des cuisses qui peuvent t'étrangler un boeuf (maintenant, qu'est ce qu'un boeuf irai bien faire à cet endroit là je vous l'demande!) et des mollets de compèt'. Mais tout ça, ça ne dure pas puisqu'une fois en commissariat, tu n'as plus le temps de faire du sport et tu te retrouves 20 ans plus tard avec 30 kilos supplémentaires, limite tu ne peux porter QUE la jupe-culotte réglementaire parce que même les pantalons taille homme ne te vont pas (rigolez pas, c'est du déjà vu...)
Bref, je me dissipe là.

Je conduisais ma petite bagnole (que j'ai toujours d'ailleurs! Limite collection ma chignole!) dans ma petite campagne provinciale où j'avais fait halte quelques jours avant de prendre mon service dans mon premier commissariat. J'ai croisé quelques voitures qui m'ont fait des appels de phares et bingo, juste après le virage, un magnifique fourgon bleu marine avec écrit en gros GENDARMERIE sur le côté, et deux gendarmes qui me font signe de me garer. C'était la première fois que je me faisais contrôler en plus!
Un ancien me demande mes papiers et je fouille dans mon sac à main. Et là horreur et damnation: je suis une VRAIE fille... J'étais sortie la veille, j'avais laissé mes papiers dans une autre veste, et là je me retrouvais avec mon sac à main empli de trucs de fille mais sans paplars... V'là la honte... Comment expliquer ça sans faire un bide...

Moi: - "Je suis désolée Monsieur le Gendarme, mais je n'ai pas mes papiers sur moi."
Lui: - "Ah bon! Vous prenez votre sac à main, votre carte bancaire, votre carnet de chèques, mais pas de pièce d'identité ni les papiers du véhicule?"
Hou putain je suis mal là... Tentons le truc qui est censé me sauver la vie
- Moi: - "Je suis une de vos collègues, voici ma carte."
Et je lui présente ma belle carte professionnelle flambant neuve.
Lui: - "Ah mais vous êtes de la grande maison d'en face! Vous n'êtes pas gendarme!"
Comment avoir envie de creuser une tombe tout de suite maintenant et de s'enterrer plutôt que d'entendre ce méchant gendarme se foutre de moi en me faisant comprendre que je ne suis pas une collègue... La gueguerre Police/Gendarmerie, ça existe on dirait...
Moi, super honteuse mais super énervée: - "OK, je suis d'en face, mais je fais le même travail que vous. Moi aussi je fais du contrôle routier."
- Lui, tentant de masquer sa joie devant mon rembrunissement: - " Oui, c'est vrai."

Il a fait le tour de ma voiture, a regardé mon certificat d'assurance, vérifié mes pneumatiques, a fait identifier mon véhicule, et m'a laissé repartir sans me verbaliser 10 minutes plus tard, 10 minutes à me morfondre dans ma honte... Purée c'était long.
Depuis ce jour, je n'ai jamais plus oublié mes papiers. J'ai TOUJOURS mes papiers sur moi, TOUJOURS: j'ai trop peur de retomber sur un gendarme...

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31 août 2008

Tout vient à point...

... qui sait attendre.

Ouais, OK, suis hyper en retard quant à bonne tenue journalière (journalière!!! AH AH AH je me marre...) de ce blog. Mais promis, vais m'y remettre très bientôt! Toutes mes confuses...
En même temps, je ne lis aucun commentaire empli de désespoir laissant entrevoir la volonté réelle de lire quelques petits posts écrit avec mes tripes et tout et tout... Ils sont où mes fans???

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31 juillet 2008

Le pendu

Il fait chaud... Purée qu'il fait chaud... Ça me rapelle une intervention effectuée sous un soleil de plomb, l'air chaud qui vous brûle les poumons... J'ai cette odeur encore collée dans mes narines: la mort.

Je suis impressionnée par le nombre de découvertes de cadavres qui se font grâce à la chaleur. Les gens appellent parce que ça commence à dauber sévère chez leur voisin, parce que la vieille d'à côté n'a pas sorti ses poubelles depuis belle lurette, parce qu'il doit y avoir un rat crevé dans la colonne d'aération commune à tous les appartements de l'immeuble. C'est d'un pathétique de découvrir un corps en état de décomposition sévèrement avancé alors qu'il suffisait juste de s'inquiéter un chouilla plus tôt de ne plus voir le p'tit vieux du cinquième. NON! On appelle parce que ça pue, pas parce que Mme SchmurtzSchmurtz n'a pas récupéré son courrier depuis 3 jours! Du moins, c'est comme ça que ça se passe dans les grandes agglomérations, là où nous ne sommes que d'anonymes inconnus sans valeur aucune...

Il faisait une chaleur terrible, une de ses chaleurs de canicule qui vous trempe de sueur sans même bouger d'un poil, une de ses chaleurs sans une once de vent pour vous rafraîchir. Je me souviens de cette chaleur parce que j'étais de ceux qui râlaient parce que le pauvre Bleu de base qui devait assurer le poste au milieu des ordinateurs et des fenêtres sans stores placées côté sud n'avait pas eu le droit de bénéficier d'un pauvre ventilateur, alors que les merveilleux fonctionnaires de l'étage, l'élite suprême, avaient un ventilo dans chaque bureau: cherchez l'erreur... Bref... J'avais râlé mais j'ai tout de même préféré m'enfuir dehors, me disant qu'au moins dans la bagnole, on aurait la clim' (courage, fuyons...) Sauf que la seule et unique voiture possédant la clim était tombée en panne (ça, c'est le chemin typique d'un véhicule neuf dans la Police: il fonctionne trois semaines et part 6 mois en réparation! Cherchez l'erreur bis) et que j'ai eu droit au remake du "Ta gueule dans la 405 break avec vitres avant pas électriques et ventilo qui pue l'gazoil"... Ça plus le gilet pare-balles, l'extase totale! Manquait plus qu'un cadavre et c'était bon!

Et bin des fois, je ferais mieux de fermer mon bec et d'arrêter de dire des trucs du genre "découverte de cadavre" un jour où il fait une chaleur à crever...
Le gardien a appelé la Police parce qu'un habitant de l'immeuble de répondait pas aux appels depuis plusieurs jours. Nous sommes arrivés, il m'explique que c'est un vieux gars qui habite une piaule vétuste au rez de chaussée dont la porte donne sur la cour, qu'il n'y a qu'une seule entrée, qu'il ne répond plus au appels ni rien du tout. Je m'approche de la porte vitrée, et je vois une nuée de mouches s'agiter sur les carreau, bzz-bzziter dans tous les sens et jouant à cache cache derrière les rideaux. Et là, tu comprends immédiatement ce qu'il y a derrière cette porte. Mais bon... Entre comprendre et constater, il y a une sacrée différence, alors je prends mon courage à deux mains et j'appuie sur la poignée de la porte.

Je peux dire que je n'ai jamais été aussi rapide pour refermer une porte. Me suis baissée le plus possible pour ne pas prendre les mouches dans la figure (il y a franchement de quoi devenir hystérique, surtout quand on sait dans quoi ont pataugé ses gentilles bébêtes...) et j'ai bien manqué de vomir mes tripes sur le palier quand cette odeur macabre est venue me chatouiller les narines. Je suis partie en courant jusqu'à la voiture pour me tartiner de camphre sous les narines (toujours avoir du camphre dans sa valoche pour justement amoindrir les odeurs), et surtout pour ne pas me péter la honte à gerber mon steak du midi devant des gens que je ne connais pas (manquerait plus qu'ça!).
Je n'ai pas vu de mort, mais je n'ai pas chercher à constater et j'ai fait appel à l'officier (me suis délectée de le voir quitter son bureau ventilé pour venir dans cette mouise nauséabonde)

Les pompiers n'ont pas pu rentrer tant l'odeur était insoutenable. Ils ont du s'équiper de masque et de bouteille à oxygène, invitant l'officier à en faire de même. Ils m'ont bien proposé d'en faire de même mais j'ai refusé net (c'est des malades!!!). La porte est restée ouverte pour ventiler un peu et l'odeur était présente partout même en extérieur, une odeur à vous retourner le bide surtout quand on sait d'où elle provient, de qui et pourquoi.
C'était un pauvre type d'une cinquantaine d'années qui en a eu marre de la vie et qui s'est pendu dans sa salle de bain, en laissant une lettre sur la table. Sauf qu'il est resté pendu là plusieurs semaines, laissant la nature agir à sa guise, son corps en état très avancé de décomposition. J'ai vu les photos bien plus tard (un gros crétin de collègue qui s'est amusé à me les glisser sous le nez alors que je pensais m'en être sortie nikel puisque j'avais refusé de garder en souvenir une trace visuelle de la pendaison le jour de la découverte), et j'avoue que l'odeur sentie ce jour là était digne de ce à quoi le pauvre homme ressemblait. Je vous passe les détails sordides, mais le visage était méconnaissable puisque dévoré par les asticots gros comme mon petit doigt encore présents et grouillant partout sur le corps et sur le sol.

Pendant ce temps là, les voisins se penchaient à la fenêtre intrigués par tout ce remue-ménage, mais refermaient vite vite parce que l'odeur entrait chez eux. D'autres venaient me voir pour me dire que ça faisait un moment que ça sentait mauvais dans leur salle de bain (conduite d'aération commune) et devant mon mutisme, déclaraient qu'il devait bien être gros ce rats crevé (tu m'étonnes John...) (pis moi je ne dis rien, j'aime bien me faire passer pour une méchante).
Nous sommes rentrés au service en puant la mort, sous une chaleur torride et un air irrespirable. Nous nous sommes fait jeter du poste parce que la puanteur était insupportable et suffocante.
Une découverte de cadavre, c'est pas glop.. Mais alors quand il fait chaud!!!

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26 juin 2008

Toute première fois

Quand je me pose et que je regarde en arrière, je me demande comment j'ai pu supporter certaines situations qui paraîtront aux yeux des non initiés terribles, horribles, invivables, insupportables. Certaines situations vous mettent quatre des cinq sens en émoi (sentir, toucher, entendre, voir). Je n'ai jamais flanché sur une l'intervention au point de devoir quitter les lieux. Mais après tout ça, c'est une autre histoire...
Je vais vous raconter la première intervention qui a mis le feu à quatre de mes sens. Je vais vous la raconter telle qu'elle me revient, en tentant de faire revivre sur mon clavier ce que j'ai vu, entendu, senti, touché. Il se peut que ce récit soit buvable, tout comme il se peut qu'il vous dégoûte. Libre à vous de le lire.

J'étais jeune Élève Gardien de la Paix en stage dans un commissariat. Dieu comme j'étais fière et honorée de porter cette tenue si longtemps convoitée. Je trouvais qu'elle était seyante, très bien ajustée, et que j'avais un cacher d'enfer. Je n'avais plus qu'une hâte, aller sur le terrain avec "mes collègues", ces flics titulaires bossant en commissariat et régnant sur la voie publique.
Je suis sortie en patrouille avec deux vieux briscards, des vieux de la vieille qui connaissent leur ville par coeur et tous les trésors qu'elle cache. Ils étaient toujours de bonne humeur et l'arrivée d'une petite jeunette n'était pas pour leur déplaire. Du sang frais, ça fait du bien. Une petite nana quand on est un vieux loup encore plus.
Notre équipage a été appelé pour se rendre au bord du fleuve pour une découverte de cadavre. J'étais surexcitée à l'idée de découvrir mon premier vrai macchabée, et je n'ai pas été déçue. Sur place, les pompiers nous attendaient.

Mon premier sens en exergue? La vue.
Je voyais dans l'eau une sorte de poupée gonflable tellement gonflée qu'elle est prête à exploser, flottant au gré des vagues. Et en y regardant de plus près, il s'agissait en fait d'un corps humain reconnaissable au tronc supplanté d'une tête et de quatre membres. Le corps était énorme, le ventre prêt à exploser. Ce corps flottait sur le dos. Ses membres semblaient détachés du corps mais retenus par les vêtements gorgés d'eau dont il était vêtu. Si bien que les membres pouvaient se mouvoir au gré du courant, comme un danseur de hip hop qui fait des effets de bras. Il devait s'agir d'une femme car les cheveux étaient long. Elle avait les cheveux bruns. Ses orbites éteint vides, ses yeux avaient vraisemblablement été mangés par les poissons. Je pouvais compter les couches de dermes au niveau de ses mains: le bout de ses doigts avait été grignoté, laissant voir l'os qui compose la dernière phalange, puis au fur et à mesure que l'on remontait, on pouvait compter les couches de peau successives qui se détachaient lentement. Il en était de même pour les extrémités des pieds.

Le second sens titillé? L'ouïe
Les collègues rigolaient je ne sais pour quelle raison. Peut être par ma curiosité malsaine qui m'obligeait a allait encore plus près et faire des commentaires du genre "Oh regarde! T'as vu? Beurk..." C'était mon premier macchabée! Ce moment ne devait'il pas être jouissif pour la jeune bleue que j'étais, moi la flic junior qui découvre?
On racontait des blagues débiles pour ne pas avoir à faire place à ce que nous ressentions tous vraiment. Un collègue a proposé de pousser le corps un peu plus loin pour shooter l'affaire au commissariat compétant sur cette portion de fleuve, et on a rit en imaginant la tête des citoyens lambda qui nous auraient regardé passer avec notre noyé en bout de perche un jour de marché.
Et puis, on a appris par la station directrice que le corps trouvé pouvait correspondre à cette femme disparue il y avait environ 6 mois, femme dépressive a tendance suicidaire, laissant derrière elle deux enfants et des parents paumés qui ont déclarés sa disparition. Alors par respect, on a cessé de rire, et l'ambiance était devenue tellement glauque qu'un collègue a sortit une blague débile à laquelle nous avons tous sur-renchérit, histoire d'oublier la misère de cette pauvre vie qui avait fuit.

Mon troisième sens chatouillé? Le touché
Les pompiers ont fait passé plusieurs cordes sous le corps pour pouvoir le soulever et le mettre dans le bateau. Mais le corps était si désarticulé et si gonflé qu'il a fallu cesser rapidement cette technique. Il ne fallait pas que le corps se perce ou pire, éclate, au risque de devoir récupérer les morceaux. Il était déjà assez abîmé, on allait pas encore en plus dégueulasser la flotte...
Alors ils ont utilisé une grande planche en bois pour pouvoir mettre le corps dessus et le transporter sur le quai. C'est là que nous avons été mis à contribution. Il fallait du monde pour soulever la planche et la garder stable afin de la mettre sur le bateau. J'ai mis immédiatement la main à la pâte sans trop savoir pourquoi. Peut être pour faire comme tout le monde et prouver que je n'étais pas une fille mais un vrai flic. Je me suis retrouvée dans le bateau, à tenter de récupérer dans l'eau froide un coin de planche, tout en m'efforçant à ne pas penser que mes mains touchaient une eau dans laquelle a séjourné un corps de femme bouffé par les poissons. Je sentais cette planche qui devenait poisseuse au contact de ce corps et je m'applaudissais intérieurement car je ne ressentait encore aucune envie de vomir. Mais quand même, les mains dans cette flotte puante, c'était pas cool.

Et enfin, l'odorat...
Oh putain! L'odeur...
Ce corps sans vie, gonflé de gaz, en putréfaction, ayant séjourné 6 mois dans la flotte, à moitié bouffé par les poissons... Ce corps est devenu noir en quelques secondes, noir comme le charbon, rendant toute identification impossible, noir noir noir. Cette femme était blanche dans l'eau, elle est devenue noire à l'air libre. Je me suis retrouvée bloquée au fond du bateau, rendant toute tentative de regagner la berge acrobatique en raison de ce corps noir qu'il m'aurait fallu enjamber. Pis les collègues se sont donnés un malin plaisir à me souhaiter bonne route, me disant qu'ils allaient me récupérer sur le quai, tout en se fendant la gueule de leur bonne blague. Nous étions trois nanas sur ce bateau. Moi aussi ça m'avait fait rigoler... Pas longtemps...
Je regardais cette transformation, ce passage du blanc au noir, tout en me disant que c'était quelque chose d'incroyable. Puis, une des deux filles pompiers est devenue verte et s'est couvert le nez. Le corps avait perce, et une violente odeur de putréfaction, une odeur que nul ne peut imaginer, l'odeur d'un corps humain en décomposition, une putain d'odeur que vous n'oublierez jamais une fois l'avoir senti, a asphyxié l'air environnant. A cet instant, je me suis remerciée moi même de n'avoir pas été trop con et d'être resté sur l'avant du bateau, contre le vent.
Arrivés sur le quai, il a fallu décharger ce corps qui sentait la mort, et je me suis enfuie dès que j'ai pu, aussi loin que le professionnalisme me le permettait. Me suis tirée retenant tant que je pouvais cette putain d'envie de gerber, et fière de moi, j'ai réussi, contrairement aux deux filles pompiers qui ont vomi leurs tripes sur le quai, sous les moqueries de leurs collègues.
Cette odeur est indescriptible. Je la reconnais aujourd'hui entre toutes. Je recherche toujours cette odeur quand je vais sur une ouverture de porte, histoire de savoir si un macchabée m'attend derrière.

Mes collègues m'ont taquinée, me disant que je sentais le macchabée. Moi, j'étais fière car j'avais retenu mon p'tit dèj'. Quand nous sommes rentrés au poste, j'ai sauté dans la douche, j'ai mis ma tenue dans un sac poubelle afin de la ramener chez moi et la laver, et je me suis rendue sur le parking. Je suis montée dans ma voiture, et une fois assise, j'ai eu l'impression que le poids du monde s'écrasait sur mes épaules. J'étais seule, dans ma caisse, les épaules lourdes, une odeur horrible incrustée dans mes poils de nez, réalisant à quel point nous ne sommes rien...
Je sais pourquoi les collègues riaient. Ce n'était pas par manque de respect, c'était pour ne pas avoir à pleurer, à ressentir de dégoût et à vomir.

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